——
Mention doit être faite tout spécialement, parmi les disciplines associées, de « la Littérature générale et comparée ». En effet, le comparatisme en littérature connaît les mêmes exigences que l’anthropologie et doit, comme elle, se soumettre à la rigueur ethnologique. Comparer des cultures - ou des textes qui leur appartiennent - présuppose une unité de l’homme que contredit la relativité universelle des cultures. Or, une certaine forme de la littérature comparée est suspecte d’ethnocentrisme. La question se pose de la même manière pour l’ethnopoétique. Doit-on se contenter de monographies parallèles ou bien poser des catégories transculturelles et prétendument universelles, comme la mélodie, le rythme, le vers, le lyrisme, la métaphore, etc. ?

Face à ces objections fondées, et en dialogue avec la littérature comparée, l’ethnopoétique propose une méthode qu’on pourrait appeler le « comparatisme différentiel » qui consiste à parcourir successivement des textes, appartenant à des cultures différentes, l’un à partir de l’autre.

On construit d’abord par différence à partir de notre propre culture, une catégorie appartenant au premier texte, strictement définie dans le cadre culturel où il s’énonce, et formulée dans la langue indigène ; puis, à partir de cette catégorie, on abordera une seconde culture autre. La confrontation va faire se dissoudre cette première catégorie et par différence permettre de constituer une autre catégorie propre à ce second texte et au contexte culturel où il s’énonce. Le parcours peut ainsi se prolonger sans limites. Le comparatisme différentiel permet de questionner différemment des textes appartenant à des culturelles étrangères, et de multiplier les points de vue en échappant à l’ethnocentrisme impliqué aussi bien par « l’inventaire des différences » que par « l’inventaire des ressemblances ».